Avec qui ?

Guillaume Armide est seul sur scène mais comme tout le monde, il est le produit d'une filiation généalogique, artistique et idéologique qui fait apparaître plus ou moins clairement un certain nombre de fantômes à ses côtés pendant tout le spectacle.


Concernant sa généalogie, à vrai dire, on ne remarque aucun antécédent familial de concérencier chez les aïeux de Guillaume. D'où diable tient-il cette faculté ?


Concernant sa filiation artistique, Guillaume se revendique de Michel Berger, Michel Jonasz et William Sheller. Pourtant, aucun d'entre eux n'a jusqu'ici revendiqué sa paternité concernant Guillaume. Et bien l'appel est maintenant clairement lancé ! « Le petit Guillaume attend ses pères artistiques au rayon écologie. »


Concernant sa filiation idéologique, c'est la plus évidente du spectacle. Guillaume n'invente quasiment rien de ce qu'il raconte et chante sur scène ! Avouons-le sans vergogne, il a tout pompé chez des gens comme Dominique Guillet, Albert Jacquard, Claude Piron, Pierre Rabhi, Marshal B. Rosenberg, Patrick Viveret... Ce spectacle est le leur. Un des objectifs de la concérence est d'ailleurs de donner envie de s'intéresser à ces personnes et à leurs écrits. Il s'agit de les vulgariser au sens noble du terme : les démocratiser, les sortir de leur carcan « écolo » qui laisse entendre que tout le monde n'a pas la sensibilité, voire la culture requises pour être touché par cette prose-là. La musique et son caractère éminemment universel, ici, sert à prouver que ces auteurs ne s'adonnent pas à un « vert-biage » élitiste mais portent bel et bien un humanisme nouveau, profond et propre à faire vibrer la corde sensible de monsieur et madame Toulemonde.


Photo : Christiane Reynaud